Méthode

Le secret de mon père

Tout commence avec un souvenir d'école : Une traditionnelle préparation de dictée chère au coeur des instituteurs. Sur le tableau de sa classe de 6ème année un texte d'auteur. Pour une raison quelconque, mon père doit se rendre dans la classe de 3ème et là il voit le même texte au tableau.
Question : Comment se fait-il que le même texte est présenté à des élèves d'un niveau de maturité différent de trois ans ?
Quelque chose clochait ? Comment déterminer le niveau de diffculté d'un texte ?

J'avoue que l'anecdote est incomplète dans ma mémoire au niveau de la précision de certains faits : Souvenir d'élève ou d'enseignant. Classe du niveau du début du secondaire ou de l'école primaire ? Mon père a exercé en tant que régent littéraire et en tant qu'instituteur. Mais l'hiatus entre deux classes était bel et bien de trois années de différence et la question tout aussi pertinente.
En tant que pédagogue à l'esprit cartésien mon père ne tolérait pas les approximations et les "ils comprendront plus tard". Il ne voyait pas le bénéfice d'un texte inadapté au niveau des apprenants.
Oui mais comment le déterminer ?

Il va se tourner vers des publications scientifiques.
Nous sommes encore à l'époque du papier et de l'imprimerie, donc, il ne disposait pas de toutes les facilités d'un chercheur d'aujourd'hui.
La question l'a d'autant plus taraudé à partir du moment où il a exercé dans l'enseignement spécialisé à l'école du Foyer de Roucourt qui accueillait alors et accueille toujours des adolescents qu'on qualifiait à l'époque de caractériels et délinquants, prompt au passage à l'acte, rebelle à l'autorité et au travail scolaire.
Il ne pouvait se contenter d'arroser un parterre d'élèves avec un savoir qui ne percolait pas dans la terre de leurs apprentissages, de leurs compétences pour ne pas faire grandir des performances. Il voulait du résultat aussi infime soit-il !
Dans un premier temps, il s'est intéressé au vocabulaire de base pour déterminer si le niveau de difficulté des mots. C'est l'époque où un travail de pointage était fastidieux et où je vois mon père pointer des mots dans des textes tel le moine copiste à son pupitre. C'est vrai que c'était un travail de bénédictin extrèmement chronophage.
Je l'entend citer à table, lors de repas entre amis, des noms comme Aristizabal, Dubois-Buyse, Ters, Mayer, Reichenbach. Les récits de ses différentes quêtes orthographiques soulaient les convives plus que son bon vin !
Pour atteindre son inaccessible étoile, il se mit un jour en tête d'accomplir une formation d'orthophoniste (logopède dit-on en Belgique) à Ghlin. Il est parvenu presque à la mener à terme. Encore fallait-il durant la défense de son mémoire  ne pas se fâcher stupidement avec un des piliers de l'équipe des formateurs. Je cite :
(Un des examinateurs) : Monsieur je m'étonne que vous croyez encore au vocabulaire de base.
Mon père : Et moi Monsieur je m'étonne que vous en soyez encore à ne pas y croire.
L'examinateur agacé : Souffrez Monsieur que je sois ici pour vous poser des questions. 
Mon père : Souffrez Monsieur que je réponde aux questions lorsqu'elles sont pertinentes.
Il perdit ainsi un grade pour son impertinence et sa liberté de penser !


Cet épisode épique devait lui coûter cher car en tant que logopède, il devait valider des stages pour obtenir son diplôme. Il les avait effectués, non dans le domaine médical, mais dans l'enseignement, ce qui fit que l'examinateur rancunier, refusa de valider les prestations. Il aurait donc dû accomplir ces stages lorsqu'un zona ophtalmique le foudroya pendant un trop long laps de temps. L'homme renonça à couronner sa formation mais se releva. Il retourna à son ermitage, pointer des mots dans son bureau, affuter ses techniques et les tester avec ses élèves. Sans la rencontre de ces élèves de l'enseignement spécialisé et les quelques cas désepérés qu'on venait lui soumettre, mon père n'aurait pas avancé. L'outil doit rencontrer la matière pour que l'artisan développe son savoir faire. cela se passa tant et si bien que petit à petit, il se fit une réputation et que les petits élèves possédés par les démons de la dysorthographies et de la dyslexie lui étaient amenés comme autant de cas désepérés à un guérisseur. Cela finit par lui monter un peu à la tête. Mais peut-on lui en vouloir ? Mon père était un humain pas un saint !

Principe n°1 : Il faut partir des mots les plus fréquents et du niveau de compréhension et de maturité de l'apprenant

Mon père considérait que l'apprentissage devait se faire au départ du vocabulaire de base. Inutile de se compliquer la vie à faire passer des mots rares alors que les mots les plus fréquents ne sont pas acquis. Même si ces mots sont fréquents, ils doivent être compris par l'apprenant sinon, il n'y aura pas d'intérêt à fixer ce mot en mémoire et à l'utiliser au quotidien.

Principe n°2 : Il faut assembler ce qui se ressemble !

Lorsque des mots ne sont pas correctement fixés dans la mémoire, il faut développer un procédé mnémotechnique pour le fixer en mémoire. Et pour ce faire, il ne faut surtout pas travailler par différence mais par similarité de graphie. Exemple : Je pense, intense, immense, récompense ou Une voix m'a dit tu trouvera un choix de noix au pied d'une croix.

Principe n°3 : Il faut combiner le principe 1 et le principe 2 !

Le procédé de mémorisation par ressemblance est construit au départ de mots puisés dans des mots faciles donc plus fréquents et d'une graphie globale moins complexe que le mot auquel il faut remédier.

Et le reste ?

Tout le reste est décrit dans la partie BOL de ce site aux pages 2 - 3 et 4

When, while the lovely valley teems with vapour around me, and the meridian sun strikes the upper surface.

A wonderful serenity has taken possession of my entire soul, like these sweet mornings of spring which I enjoy.

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