Méthode

Mon père et François Ters

J'avoue avoir longuement hésité à l'endroit où moment de placer cette page.
Les rapports entre mon père et Monsieur Ters était ceux de chercheurs en relation épistolaires soutenues mais il devienrent au fil du temps ceux de vieux amis.
Je me souviens de rencontres, de repas à la maison de l'un ou de l'autre, de visites à Saint Cloud, de vacances en Vendée et surtout en Bretagnes dans les Côtes d'Armor (Appelée alors Côtes du Nord) dans sa maison de Bréhec près de Plouha.
Monsieur Ters avait été enseignant au lycée international de Saint-Germain-en-Laye.

Madame Ters était professeur de géologie à l'université d'Amiens où elle enseignait la géologie. Elle avait rajeuni certains sols de Vendée ce qui l'avait  confrontée semble-t-il au machisme de certains confrères.
Quant à Monsieur Ters il aurait déclaré que pour réussir à Paris, il avait dû batailler car il était catholique et breton, deux obstacles dans le monde où il travaillait.
Notre irréductible Armoricain militait également dans le druidisme et d'ailleurs,  si vous ouvrez un Quid de la fin des années 80, vous le trouvez comme président des Druides de France.
Restons-en, là pour les détails de l'ordre de l'histoire personnelle mais quelques injustices démangeaient dessous mes doigts. 

Qui était François Ters en tant que chercheur ?
Son travail est résumé dans trois livres qui forme selon moi un triptyque  de lecture : Au centre, Orthographe et vérités (ESF, Paris, 1973) qui donne les bases de sa philosophie éducative (il en avait conseillé la lecture lors d'une de ses interventions à l'Univesité de Mons lors d'un des cours de Monsieur Burion), à gauche L'échelle Dubois-Buyse d'orthographe usuelle française (F. Ters, D. Reichenbach, G. Mayer, Ed. H. Messeiller, Neuchatel, 1964) et à droite, Le vocabulaire orthographique de base (F. Ters, G. Mayer, D. Reichenbach, Ed. H. Messeiller, Neuchatel, 1964).
Tout est très bien expliqué sur ce lien sur le site Persée.
En relisant ces données, je ne peux que constater que mon père s'est largement inspiré de Monsieur Ters tout en apportant sa touche personnelle de praticien plus proches des réalités de l'orthophonie,  de l'école primaire et de l'enseignement spécialisé.

Le fin de cette page est plus triste.
D'abord Madame Ters nous quitta, victime d'une crise cardiaque durant un colloque, je me souviens d'un trajet dans la brume sur l'autoroute du nord, de quelques fleurs sur une tombe au cimetière de Saint-Cloud, d'une soirée chez Mr Ters. Je me souviens d'un jour d'hivers où Mr Ters veint nous rendre visite avec quelques souvenirs de sa femme, d'une conversation sur un musée à sa mémoire à La-Roche-Sur-Yon. De Mr Ters effectuant un plein avant de partir puis d'un adieu. je ne devais plus le revoir. Je devais encore l'entendre au téléphone car je lui avait laissé quelques écrits pour obtenir son avis. Puis plus rien ... . On aurait dit que mon père n'osait plus prendre contact de peur d'apprendre quelque mauvaise nouvelle. Il faut dire que Mr Ters souffrait fortement des voies respiratoires.
Un jour, nous avons appris par un courrier qu'il était mort, c'était tout. Mon père fit parvenir quelques photos à son héritié mais son courrier resta lettre morte. Il ne reçu jamais de réponse et en garda une amère déception. J'ai retrouvé un jour la maison de Brehec mais je n'ai pas frappé à la porte. Il n'y avait plus celui et celle que j'avais connu. Personnellement, même si je n'ai pas de rapport particulier avec la géologie ni avec l'orthographe, je dois quand même reconnaître qu'ils m'ont laissé l'amour de la Bretagne, de la science, de la recherche et de certaines traditions.

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